if..
4 01 2008Road trip aujourd’hui dans la banlieue sud avec cette rangaine sur l’autoradio….
If I were a swan, I’d be gone.
If I were a train, I’d be late.
And if I were a good man, I’d talk with you more often than I do.
Carrefour, feu rouge. Un homme sale, au visage blafard, bouffi par le froid ;  un pied sur le trottoir, l’autre sur la chaussée, le regard vide bizarrement fixé vers le ciel livide des hivers parisiens. Il ne bouge pas, laisse le flot des passants traverser. Le feu clignotte.  Autre temps, autre espace.  Il n’a pas bougé.
Feu vert.If I were to sleep, I could dream.
If I were afraid, I could hide.
If I go insane, please don’t put your wires in my brain.Rocade autour des vieilles tours de Massy. Je pile contre un 4×4. qui tentait  de me voler la politesse sur la gauche. Tout s’arrête. Je vois clairement les petits plis mauvais autour des yeux cerclés de lunettes fashion, le cheveu grisonnant plaqué derrière l’oreille, la bouche lourde et grasse, mondaine et méchante du chauffeur et, je ne sais pourquoi , je vois aussi cette petite vieille en Moon Boot qui souffle dans ses mains en regardant la haut, au dessus des tours. Klaxon, je redemarre.If I were the moon, I’d be cool.
If I were a book, I would bend.
If I were a good man, I’d understand the spaces between friends.
Un scooter me double. Sur le siège arrière une jeune femme, bottée, casquée, l’écharpe au vent.  Je ne vois rien d’elle et pourtant je sais qu’elle est très belle. Je me dis que ç’est rare en cette saison, une jeune femme très belle sur un scooter. Et là bas, sur l’autre voie, je devine aussi  cette petite fille qui court sur le trottoir, puis s’immobilise, le regard perdu vers le haut des poteaux électriques. Virage à droite.
If I were alone, I would cry.
And if I were with you, I’d be home and dry.
And if I go insane, will you still let me join in with the game?
Rond point enguirlandé de lucioles bleues et blanches. C’est beau quand même Noël. Stop. La nuit est tombée, mon imagination se noie dans la pluie fine qui glisse sur le pareprise. Je passe la première, lache la pédale de frein. Je respire, prêt à repartir. Mais là , sur ma droite, un couple visiblement très amoureux, joue contre joue sous un gigantesque parapluie bariolé, visages inclinés,  suspendus vers ce truc,  la haut…
Merde c’est pas vrai ! je pile et je mets les warning.
Ca klaxonne de partout et ça me fait bien rigoler.
J’ouvre la vitre, penche la tête dans le froid et la bruine et je regarde, là -bas, juste un peu au dessus, comme les autres.
Le vieil homme fatigué, la petite vieille, la fillette amusée, le couple transi… c’est comme un film bien ficelé du dimanche soir. Un truc sans queue ni tête et qui  bizarrement vous rend plus heureux.
If I were a swan, I’d be gone.
If I were a train, I’d be late again.
If I were a good man, I’d talk to you more often than I do.
credits: If Pink Floyd
Catégories : Web humeurs :-)










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