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mars 17, 2007

Smile, It Confuses People

J'EXISTEJe me suis souvent demandé ce qui trottait dans la tête de tous les googlemaniaques qui courent après le  rank de leur signature,  taguent, Flickrisent et Motionisent frénétiquement les  web 2.0 like, forums, blogs et autres wikis pour ....ne rien dire d'autre finalement que leur nom.

Je me souviens de cet homme sandwich descendant silencieusement la rue de Rennes, à contre courant de la foule des cohues de noël, avec ces quelques mots écrits en lettres rouges sur la pancarte dressée sur ses épaules : "J' EXISTE". 

Beau geste, message troublant et humoristique qui faisait effectivement sourire les passants. Pourtant, je crois qu'autre chose se tramait là. Le visage de l'homme était imperturbable, et ce n'était pas une posture: cherchant à croiser son regard, j'ai réalisé brusquement qu'il fallait lire bien autrement le message. "J'EXISTE", c'était en fait comme le "ceci n'est pas une pipe " de Magritte car cet homme n'existait pas, effectivement, même dans sa façon de provoquer le regard des autres.

Un peu plus loin, contre la vitrine de la Fnac, une jeune fille au visage doux regardait passionnément un grand flandrin boutoneux, qui observait hilare l'homme sandwich fendre la foule. Dans les yeux de l'adolescente, déjà amoureuse, rien d'autre que "tu existes dans ma vie".
Que le jeune homme n'ait pas perçu cela était sans importance : il "existait avec évidence," comme ça, sans même l'avoir cherché ou cultivé dans les yeux d'une lycéenne.

Et si, après le passsage des hommes sandwiches qui cherchent une singularité dans le tumulte de la toile, on tentait plutôt de croiser quelques uns de ces yeux brûlants qui nous regardent regarder les autres...

Maniaques du sticker web à votre nom, usurpateurs, égotistes ou désespérés, si vous saviez le plaisir de l'anonymat ! 
Pas celui, petit et mesquin, du lâche qui cache ses malfaisances...  Non :  le bel et glorieux anonymat de celui qui sait libèrer sa parole de l'attache de son nom et la laisser grandir ailleurs; mais aussi celui qui sait  se lever parfois,  tête nue, en pleine lumière, pour plonger  ses yeux dans les yeux de l'autre humain qui le regarde, dialoguer, écouter,  et exister.

 


Vous pouvez fermez les yeux et écouter - Time, Sandi Thom

mars 09, 2007

Je ne demande rien, sinon peut être que l'on parle de ce que nous faisons

gary.jpgVieux braconnier du Carrefour des Possibles, je suis assez habitué à y être ému : manière en passant de féliciter le comité de sélection qui sait toujours dénicher -au milieu des projets business et innovants- une petite perle de poésie, d'art ou d'humanité simple.

Hier, pourtant , quand Gary Généreux est venu présenter son projet, ça partait plutôt mal...
D'abord un nom pareil, ça ne se fait pas, ou faut assumer ! puis la présentation, genre larmoyante, un peu trop bon sentiment, bref, je me preparais à me constituer une attitude d'attention contrite mais distante .
Apres tout, même si je suis remué par la misère des autres,  je n'étais pas la pour ça. Puis je ne sais pas ce qui s'est passé,  la simplicité maladroite de la présentation ou le pitch  un peu réchauffé de Gary " Très petit – je n’avais pas trois ans – je demandais souvent à mes parents pourquoi les riches ne mettaient pas la moitié de leur fortune dans une gigantesque boite qui servirait aux « très pauvres » en cas de besoin. Quelques vies plus tard, - j’ai 55 ans - je n’ai pas renoncé à mon rêve en me disant que je n’avais qu’à remplacer l’argent de la boite par le savoir. C’est ainsi qu’est né dixiemefamille.com »...bref, y a un truc qui s'est passé, comme avec mon moinillon au téléphone 3G (voir post précédent).

Il me semble qu'il y a là en effet  pas mal d'indices qui confortent la belle ambition que nous faisons porter à ce monde émergent.. : réseau social, mise en relation, partage de compétences et de connaissances, valorisation par la solidarité , création de valeur collective mais aussi refus de la déresponsabilisation.

Bref,  ça me plait pas mal. Gary demande qu'on en parle :  j'en parle  donc (pour en savoir plus )  et, même, je me suis inscrit sur dixiemefamille.com,  pas pour libérer ma bonne conscience, non, non, pour apprendre des choses, inaccessibles autrement, d'autres familles aux parcours si lointains de la mienne.

Gary, à l'occasion, je t'offre un verre, tu as de belles leçons de vie à me donner.

mars 04, 2007

web 0.0 : la rencontre d'un portable 3g et d'une branche d'amandier dans le froc d'un moinillon polisson.

Réglons les affaires courantes : tout va bien !  malgré l'absence de post,  il se passe juste  des choses intéressantes chez Nextmodernity qui modifient quelque peu ma posture sur ce blog qui est -rappelons le- tout sauf une vitrine professionnel ou un instrument de buzz commercial.

Rendez-vous donc, très bientôt, sur les nouveaux blogs de l'aventure nextmoderne et, pour les bribecasts, sur un espace dédié.
Ici , je règne en capitaine pirate, seul maître à bord, avec mépris ou tendresse -c'est selon- pour ceux qui me lisent. Voila qui me permet une belle liberté, celle d'écrire ou ne pas écrire, pour moi ou pour personne.

Amandier Van GoghCe soir, justement, en allant placer ma poubelle doucement satisfait de la journée accomplie, je regardais monter la lune encore émoustillée de son éclipse parisienne de la veille. Je pensais à cette belle époque moderne où, grâce au web, nous allions enfin pouvoir agir sur le monde avec nos petits moyens d'humains, petits et moyens : Soirées de blogueurs, ressacs rss,  plugs-in mobiles,  alertes linked-in,  vagabondages Second Life... belle mantra mais un truc clochait pourtant :
Tout au bout de la rue, sous les réverbères, un moine bouddhiste, enveloppé de sa robe safran, était en train de se démener avec un téléphone portable dernière génération. Il essayait tant bien que mal de se prendre en photo tout en parlant  -avec qui ?- (j'habite à coté d'un temple..pour ceux qui s'inquiètent de ma santé mentale...).

Puis, soudainement, il s'est arreté, a éteint le portable, l'a enfoncé dans les plis de son drapé de cinéma, a regardé à gauche, puis à droite.... et, avec un sourire invisible, mais évident, est allé couper furtivement une branche d'amandiers dont les fleurs avaient  déjà percé. Puis il a disparu.

Y a un truc qui cloche en effet : on a oublié le web 0.0....!!
Je ne parle pas de la nostalgie passéiste des antitechno, de la posture ayatolesque du baba cool rigide , du regard courroucé du garant d'une certaine idée de la culture et du savoir... non, non, simplement de la rencontre d'un portable 3g et d'une branche d'amandier dans le froc d'un moinillon polisson.

Le web 2.0 n'est-il pas finalement une belle oportunité de donner du sens à tous ces gestes vers demain ? entendons-nous : une oportunité parmi d'autres, comme il existe déjà le sourire 0.0 , les belles ballades dans les chemin perdus 0.0, le rire définitif du bébé 0.0 qui saute dans les flaques d'eau, les vrais échanges 0.0 quand on a le temps de recevoir l'hôte inattendu qui nous bouscule un peu.
Et si le web 2.0 n'était simplement qu'une manière de dire la vie 0.0, quelques signes pour donner le sens de ce qui se passe, au-delà, bien au delà du web.... ?

...une branche d'amandier en fleurs, la beta du bouquet que nous voulons offrir au monde.