Je ne demande rien, sinon peut être que l’on parle de ce que nous faisons

9 03 2007

gary.jpgVieux braconnier du Carrefour des Possibles, je suis assez habitué à y être ému : manière en passant de féliciter le comité de sélection qui sait toujours dénicher -au milieu des projets business et innovants- une petite perle de poésie, d’art ou d’humanité simple.
Hier, pourtant , quand Gary Généreux est venu présenter son projet, ça partait plutôt mal…
D’abord un nom pareil, ça ne se fait pas, ou faut assumer ! puis la présentation, genre larmoyante, un peu trop bon sentiment, bref, je me preparais à me constituer une attitude d’attention contrite mais distante .
Apres tout, même si je suis remué par la misère des autres,  je n’étais pas la pour ça. Puis je ne sais pas ce qui s’est passé,  la simplicité maladroite de la présentation ou le pitch  un peu réchauffé de Gary ” Très petit – je n’avais pas trois ans – je demandais souvent à mes parents pourquoi les riches ne mettaient pas la moitié de leur fortune dans une gigantesque boite qui servirait aux « très pauvres » en cas de besoin. Quelques vies plus tard, - j’ai 55 ans - je n’ai pas renoncé à mon rêve en me disant que je n’avais qu’à remplacer l’argent de la boite par le savoir. C’est ainsi qu’est né dixiemefamille.com »…bref, y a un truc qui s’est passé, comme avec mon moinillon au téléphone 3G (voir post précédent).

Il me semble qu’il y a là en effet  pas mal d’indices qui confortent la belle ambition que nous faisons porter à ce monde émergent.. : réseau social, mise en relation, partage de compétences et de connaissances, valorisation par la solidarité , création de valeur collective mais aussi refus de la déresponsabilisation.

Bref,  ça me plait pas mal. Gary demande qu’on en parle :  j’en parle  donc (pour en savoir plus )  et, même, je me suis inscrit sur dixiemefamille.com,  pas pour libérer ma bonne conscience, non, non, pour apprendre des choses, inaccessibles autrement, d’autres familles aux parcours si lointains de la mienne.

Gary, à l’occasion, je t’offre un verre, tu as de belles leçons de vie à me donner.



web 0.0 : la rencontre d’un portable 3g et d’une branche d’amandier dans le froc d’un moinillon polisson

4 03 2007

Réglons les affaires courantes : tout va bien !  malgré l’absence de post,  il se passe juste  des choses intéressantes chez Nextmodernity qui modifient quelque peu ma posture sur ce blog qui est -rappelons le- tout sauf une vitrine professionnel ou un instrument de buzz commercial.

Rendez-vous donc, très bientôt, sur les nouveaux blogs de l’aventure nextmoderne et, pour les bribecasts, sur un espace dédié.
Ici , je règne en capitaine pirate, seul maître à bord, avec mépris ou tendresse -c’est selon- pour ceux qui me lisent. Voila qui me permet une belle liberté, celle d’écrire ou ne pas écrire, pour moi ou pour personne.

Amandier Van GoghCe soir, justement, en allant placer ma poubelle doucement satisfait de la journée accomplie, je regardais monter la lune encore émoustillée de son éclipse parisienne de la veille. Je pensais à cette belle époque moderne où, grâce au web, nous allions enfin pouvoir agir sur le monde avec nos petits moyens d’humains, petits et moyens : Soirées de blogueurs, ressacs rss,  plugs-in mobiles,  alertes linked-in,  vagabondages Second Life… belle mantra mais un truc clochait pourtant :
Tout au bout de la rue, sous les réverbères, un moine bouddhiste, enveloppé de sa robe safran, était en train de se démener avec un téléphone portable dernière génération. Il essayait tant bien que mal de se prendre en photo tout en parlant  -avec qui ?- (j’habite à coté d’un temple..pour ceux qui s’inquiètent de ma santé mentale…).

Puis, soudainement, il s’est arreté, a éteint le portable, l’a enfoncé dans les plis de son drapé de cinéma, a regardé à gauche, puis à droite…. et, avec un sourire invisible, mais évident, est allé couper furtivement une branche d’amandiers dont les fleurs avaient  déjà percé. Puis il a disparu.

Y a un truc qui cloche en effet : on a oublié le web 0.0….!!
Je ne parle pas de la nostalgie passéiste des antitechno, de la posture ayatolesque du baba cool rigide , du regard courroucé du garant d’une certaine idée de la culture et du savoir… non, non, simplement de la rencontre d’un portable 3g et d’une branche d’amandier dans le froc d’un moinillon polisson.

Le web 2.0 n’est-il pas finalement une belle oportunité de donner du sens à tous ces gestes vers demain ? entendons-nous : une oportunité parmi d’autres, comme il existe déjà le sourire 0.0 , les belles ballades dans les chemin perdus 0.0, le rire définitif du bébé 0.0 qui saute dans les flaques d’eau, les vrais échanges 0.0 quand on a le temps de recevoir l’hôte inattendu qui nous bouscule un peu.
Et si le web 2.0 n’était simplement qu’une manière de dire la vie 0.0, quelques signes pour donner le sens de ce qui se passe, au-delà, bien au delà du web…. ?

…une branche d’amandier en fleurs, la beta du bouquet que nous voulons offrir au monde



“Que le silence est beau derrière le dos de l’explicant”

25 09 2006

“Que le silence est beau derrière le dos de l’explicant”. Me reviennent souvent ces vers du poète Lorand Gaspar, quand je ferme mon lecteur RSS. Le sourire de cet homme cuit au soleil de Judée *.
Ce n’est pas dire que la cueillette n’est pas fructueuse : combien de nouveautés, d’expériences, d’émotions… Pourtant si je ne me lasse pas de cette longue, longue traine qui avance inéluctablement vers de nouveaux chemins qu’il faut réinventer, jour après jour, il m’y manque la pierre chaude et plate, douce au fessier, propice au regard vers l’horizon immobile ; celle qui me ferait respirer plus profondément et comprendre un peu, ce que, finalement,  tout cela veut dire.

C’est un peu honteux, que je reprends ce blog, car bien sûr finalement “cela ne se fait pas”. Un blog silencieux est plus sinistre qu’un cimetière marin. Eau de toute part, coque de noix, battant de la poupe, drisses lâches, un blog se doit de faire sa ration de bulles… Pourtant finalement c’est avec un vrai plaisir, enraciné et profond que je lis la date de mon dernier post : posté par fabien lair le 30 juin 2006. Quel bonheur ! deux mois plein de beau silence pour rendre les choses dérisoires. tellement dérisoires….

Et si, finalement, les blogs ne couraient après le temps que pour masquer le silence , le merveilleux silence qu’il y a entre les posts.
Essayez : prenez votre blog favori. Cliquez un article au hasard. Imprimez le, et ..stop , éteignez votre ordinateur.
Lisez le. C’est un torchon ? ..pourquoi le lire. Sinon… pourquoi ne pas lui laisser le temps de vivre ?
C’est décidé, je vais lancer les blogs aux posts annuels. Un post, et le silence -des commentaires pourquoi pas- mais rien d’autre pour laisser les mots prendre du sens.

…donc, vague à l’âme, mais marcheur impénitent,  ainsi je reprends présence sur CopKm.

Reprise d’un cantique profane sur le thème de l’exil et de l’étranger

Non pas en exil.
Non pas étranger.
Solidaire des hommes et des bêtes
Solidaire des eaux, de la boue,
de la roche et des champs des forêts et forêts de constellations.
Graine de la grande tribu des sables et cailloux
de toute cellule vivante,
pétales de floraison dans le vent,
solidaire de la joie et de la douleur.

D’une patrie de pensée infinie
de toute connaissance limitée
clairières de notre pensée finie.

Solidaire d’une commune ignorance
de tous nos forages, explorations, recherches
de notre désir infini de comprendre —
de toute lumière et de promesse de lumière
qu’elle témoigne d’elle-même ou de la nuit,
de celle à certaines heures que respirent
au désert de Judée les pierres —

Solidaire d’une patrie de mouvement infini
des limites de nos ici et maintenant innombrables

Non, je ne suis pas en exil,
chez moi dans le jaillissement
dans la chute et dans l’usure
dans le diamant et la pacotille
chez moi dans la jubilation des eaux et des airs
et comment parler du mouvement sans bornes
sous les averses d’averses de photons
les vitesses de tant de rayonnements
dans la fraîcheur fragile du verger en fleur
rencontré ce matin de février sans nombre
dans l’éventail d’années et d’années de lumière —
je suis le marcheur qui respire l’ouvert
de tous ses poumons et dont le corps-cerveau
compose des images, musiques et langues,
je suis celui qui chante dans le chant
hors métrique et hors vocabulaire
les matins de toute vie et les soirs
et les nuits de solitude peuplées
de pensées qui s’envolent de leurs fenêtres
de tout ce qui se déplie, telles les eaux
que parcourt un battement d’aile dans la nuit
de l’eau solidaire de celui qui dort,
comme de celui qui écoute le poème au-dedans, au-dehors —

Lorand gaspar 1995
Aquarelle zao wou ki



Monoblog…

15 02 2006

bouteille20.jpgPar l’esprit de la Blogosphère, l’intarissable flux RSS et les blogofrénétiques, presque trente jours sans un seul nouveau post me signale-t-on ! 

“Un blog est un site web sur lequel une ou plusieurs personnes s’expriment de façon libre, sur la base d’une certaine périodicité”….  J’ai dû me rassurer avec cette évocation de wikipedia pour reprendre “courageusement” mon clavier peu inspiré ces derniers temps,  tout en me demandant encore pourquoi je gratouille ici ou là quelques feuillets.
Pour mes amis, mes collègues, mes clients, d’illustres inconnus ? Pour informer, échanger, partager, prendre position ? sans doute.
Mais je préfère bien souvent y aller de mon petit commentaire sur les posts des autres, prolonger un dialogue par e-mail, et même -si! si !- griffonner une carte postale bébête pour des amis lointains ou faire durer les discussions de bars…  En fait, quelques jours sans bloguer ne m’ont jamais rendu malade et je dois donc m’y résoudre, damned !  je ne suis pas un blogueur, un vrai de vrai, de ceux qui font trembler Technoraty et les trackbacks. Je ne suis qu’un misérable monoblogueur , comme des millions d’autres qu’on croise ici où là, comme on tombe parfois au détour d’une rue sur un homme un peu fou, ivre de solitude, lançant des mots sans suite dans la foule anonyme.

Pourquoi donc continuer à monobloguer me dira-t-on ? Ben sans doute pour la beauté des mots sans suite justement, le plaisir des jets de bouteilles à la mer, de ces bouteilles mi-flottantes, ridicules et passives qui savent parfois s’échouer sur d’improbables plages.
Je rassure donc les deux ou trois internautes qui se sont gentiment étonnés de ma webabsence : j’ai rebranché le PC et je m’y remets.



Vers demain…

2 01 2006

voeux.png



Le monde est beau le monde est fou…

13 12 2005

blog.jpgParfois on se retrouve les fesses dans la marre à grenouilles.
Travaillant sur un projet très hype, “absolument web 2.0″, j’allais prendre ma doudoune pour me rendre à la soirée “paris blogue-t-il” et hop, coup sur coup  trois mails ou posts qui vous remettent en place et voilà donc qu’il faut réapprendre à se calmer :

  • mail d’un prospect  qui me demande  : mais c’est quoi les blogs ? un truc pour les ados ?
  • post simple,  cinglant sur un de mes blogs privés et discrets, un de ces espaces où je tente anonymement de refaire le monde sans contrainte, sans pression, juste pour le plaisir de “dire” :” et si vous arrêtiez de vous prendre pour un super specialiste, les blogs c’est que de l’ego qui joue à l’omelette normande” (sic)
  • Mail très privé d’un furieux du web qui me demande pourquoi je le prends pour un “gogol”(sic encore…) il est né dedans etc..et puis zut si les gens comprennent pas que la révolution est en marche….

….et la bouche toute fraiche de ma fille dans le creux de mon cou. Stop. Arrêt sur image.

Juste le temps de lire cette information avant de fermer l’ordinateur :
logoeasy.gifUne nouvelle étude mandatée par Easynet révèle que les outils collaboratifs sont le nouveau sujet de préoccupation des directeurs financiers et des directeurs du système d’informations des Une nouvelle étude mandatée par Easynet* révèle que les outils collaboratifs sont le nouveau sujet de préoccupation des directeurs financiers et des directeurs du système d’informations des entreprises paneuropéennes.
-Tiens donc !!!  

” Alors que les outils tels que la messagerie instantanée, le ” team calendaring ” et les web conferences sont aujourd’hui disponibles, les entreprises tardent à les adopter.”….je poursuis : ” Les directeurs financiers interrogés ont cité l’email à 99%, les réunions de groupe à 77% et l’intranet à 65% comme étant les trois principaux outils de collaboration actuellement utilisés.”
-arf   
“Pour 49% des directeurs interrogés, le système de travail collaboratif entre les filiales serait essentiel voire critique pour l’entreprise. “

Mais bon sang, les mots ont-ils un sens ?? 
49 % … et on regarde passer les trains ?

arton29.jpgC’est décidé, je n’irai pas à “Paris blogue-t-il ?”

Mais non je ne fais pas la tête…
C’est juste que je trouve si belle cette nuit sans étoile,
froide, triste, médiocrement banale.
C’est juste que je me demande, parfois,
si l’on n’a pas oublié l’évidence :
rêver est plus qu’un signe entre nos doutes et le monde.
Rêver, c’est construire demain.